Interview d'auteur

Entretien avec Gally Lauteur : parcours d’une auteure hybride

Nouvelle interview… Ou partage d’expérience d’une auteure dite hybride, Gally Lauteur. C’est toujours très plaisant de découvrir les parcours et les conseils d’un écrivain. Bonne lecture !

 

Pouvez-vous présenter ?

Mon nom de plume est Gally Lauteur, j’écris sur internet et je suis une auteure hybride, c’est-à-dire que je suis publiée à la fois par des maisons d’édition et que je m’auto-publie en parallèle. Ma spécialité est le conte de fées revisité et les romans jeunesse : Ne m’appelez pas Blanche-Neige, Les démons de Cendrillon, Les Miams.

 

Quel est votre parcours ?

J’ai débuté l’écriture en ligne sur le site Wattpad en mai 2015 (https://www.wattpad.com/user/Gallylauteur) en écrivant un conte de fées version XXIe siècle : « Ne m’appelez pas Blanche-Neige », au bout de 3 mois il était numéro un du site et j’ai été contactée par 5 maisons d’édition. J’ai préféré continuer sur le net, car je ne savais pas si j’étais capable de franchir le pas de l’édition professionnelle (oui, je sais ça paraît dingue, mais je n’aime pas les contraintes).
En parallèle, j’ai testé un autre site d’écriture participative (www.fyctia.com) avec un deuxième conte « Les démons de Cendrillon » et j’ai gagné le premier prix : être publié en version numérique. Finalement, je me suis sentie assez en confiance pour démarcher Hachette Romans avec « Ne m’appelez pas Blanche-Neige » ainsi que « Les Miams », une série pour pré-ados, et j’ai été publiée rapidement.
Je continue toujours mes activités sur internet, où je suis connue maintenant comme « conteuse 2.0 ». J’anime une communauté de jeunes auteur.es et lecteur.ices surnommée New Fairies sur Wattpad (https://www.wattpad.com/user/New_Fairies) avec le développement de « CODE ROUGE », un roman participatif sur le petit chaperon rouge qui a gagné le prix de la fiction innovante de Wattpad en 2016.

 

Pouvez-vous nous parler de votre statut d’auteur hybride ?

En plus de publier gratuitement de petites histoires sur internet et de gérer ma communauté, j’écris pour Hachette Romans et je m’auto-publie. À l’origine, ce sont mes lectrices qui souhaitaient avoir Les démons de Cendrillon sous format broché, car ce roman n’existait que sous format numérique. J’ai donc retravaillé le texte, ajouté une histoire bonus, une interview et fait appel à des graphistes pour la mise en page et la couverture. Ce livre fait partie des best-sellers sur la plateforme d’auto-publication BOD.

 

Quels sont les avantages à être publié dans une maison d’édition ?

L’avantage d’une maison d’édition est de ne pas être seul face à son projet. Vous êtes soudain entouré de professionnels du secteur (graphistes, relecteurs, éditeurs, correcteurs, distributeurs, communicants), ce qui vous permet de vous consacrer uniquement à l’écriture. En outre, il est plus facile avec une maison d’édition d’être présente en librairie et d’avoir une campagne de communication ou une stratégie presse.

 

… Et quels sont les avantages propres à l’auto-édition ?

En auto-édition, vous êtes seul maître à bord, ce qui est aussi excitant que compliqué dans le sens où vous décidez de tout et que cela demande du temps et de l’expertise. Si je peux donner un conseil, c’est de bien s’entourer. Par exemple, j’ai fait appel à des graphistes pour la couverture car je m’en sentais incapable. En outre, j’ai demandé à des bêta-lecteurs de relire le texte pour l’améliorer et le corriger (merci la famille !). Le résultat est très professionnel. En ce qui concerne, la distribution, c’est de l’impression à la demande via BOD qui reçoit avec des commandes des librairies ou des sites en ligne (amazon, fnac, cultura, etc.). Je gère moi-même la communication avec ma communauté sur les réseaux sociaux.

 

D’ailleurs, quelles plateformes avez-vous utilisées ? Pourquoi ?

J’écris sur Wattpad (https://www.wattpad.com/user/Gallylauteur) car c’est le site dont l’interface me correspond le plus et j’y ai une super communauté.
Je m’auto-publie avec BOD (https://www.bod.fr/librairie/les-demons-de-cendrillon-gally-lauteur-9782322102655) car c’est très facile et qu’ils ont la possibilité d’être présents sur des salons. J’ai d’ailleurs fait le lancement des Démons de cendrillon avec une séance de dédicace à Livre Paris 2018 (j’étais en rupture de stock avant la fin de la séance). De surcroit, BOD fournit aussi des services presse sur demande, donc je peux facilement orienter les blogueurs et les journalistes vers eux sans avoir à gérer un gros stock de mes romans à la maison.

 

Quels inconvénients avez-vous trouvé à ces deux modes d’édition ?

En édition classique, surtout en jeunesse, les droits d’auteur sont très faibles et vous devez vous adapter à la ligne éditoriale de la maison d’édition, néanmoins j’apprécie la liberté de me concentrer sur l’écriture uniquement et d’avoir du soutien de professionnels du secteur, j’y ai beaucoup appris. La représentation en librairie et auprès de la presse est également plus importante.
En auto-édition, il est plus difficile de se faire connaître et d’être distribué (beaucoup de salons et de libraires refusent les auto-édités), ce que j’aime surtout est d’avoir une totale liberté de ton et de format, comme pouvoir écrire des novella (format court), ce que j’aimerai faire prochainement.

 

Quels conseils donneriez-vous à un jeune auteur paumé dans son choix d’édition ?

En fait, quand on me demande si je veux une glace à la vanille ou à la fraise, j’ai tendance à répondre vanille-fraise. Il n’est pas nécessaire de faire un choix, on peut très bien surfer sur la tendance qui nous convient le mieux. Je connais aussi des auto-édités qui finalement ont été publiés en maison d’édition suite à leur succès, et d’autres qui ont quitté leurs maisons d’édition pour s’auto-publier afin d’être maître de leur production artistique.
Si votre roman ne convient pas à une maison d’édition, il est quand même possible que vous rencontriez des lecteurs et fassiez votre carrière en indépendant. Il est même possible que vous vous sentiez plus libre de développer votre univers sans contrainte de ligne éditoriale. A contrario si vous ne vous sentez pas les épaules pour gérer un projet de A à Z et que votre but est de voir votre livre dans toutes les librairies, le circuit classique est recommandé. C’est à la fois une question de personnalité, mais au-delà de cela, je pense qu’il s’agit de prendre le temps de réfléchir quel circuit correspond le mieux à chacun de ses projets d’écriture.

 

Quels sont vos auteurs préférés ?

Je les aime tous, il y a de la beauté dans chaque livre et chaque artiste, ne me demandez pas de choisir (c’est encore la problématique du choix de la glace vanille-fraise sus-mentionné).

 

Quels sont vos projets ?

Pour l’instant, j’écris sur internet et dans mes carnets et je travaille à la fois sur des novella, des romans jeunesse et young adult. Je me laisse porter par ma curiosité. Ne m’appelez pas blanche neige vient de sortir en poche.

Retrouvez-moi sur www.gallylauteur.com, Instagram  ou Facebook !

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